En Lorraine, l'écriture la plus répandue est Maupillet (avec toujours, 1 ou 2 l). On la trouve une fois en Poitou au Moyen-Age.
        Cette écriture, comme l'avait déjà noté Maurice Maupilier correspond bien à l'origine du nom. Car le Pilé (Malpilé = homme redouté au pilé, lance) s'écrit très souvent Pilet. Il semble même que Pilet soit plus courant que Pilé. On peut pourtant se demander pourquoi en Lorraine, on rencontre la plupart du temps Maupilet, alors que le Poitou ignore pratiquement le t final ? Mais il nous manque trop de documents concernant les écritures à la même époque en Poitou et en Lorraine pour pouvoir répondre.

       Il faut aussi considérer que la plupart des écritures au Moyen-Age sont fixées par la prononciation, l'oral et non l'écrit ; c'est ce qui explique en partie les écritures suivantes.
Maupilé, existe, mais est très peu usité en Lorraine. On trouve aussi, mais plus rarement, Maupilley. La forme Maupiler, rare, présente elle plus d'intérêt.
        La prononciation de ces différentes écritures reste similaires.
        Les écritures Maupiles et Maupillez ne constituent pas véritablement des formes nouvelles d'écriture à part entière, même si on les rencontre souvent. Il convient de s'y attarder. La présence de sonorité finale S, déforme ici l'origine et la signification première du nom. La présence du S vient de particularités grammaticales « oubliées » de l'ancien français.
       L'ancien français s'est formé sur les ruines d'un latin « vulgaire ». Du latin, il a gardé deux cas, le cas sujet et le cas régime ; le premier concernant le sujet, le second le complément d'objet.
       Le cas sujet singulier se rmarque par la terminaison S, ainsi chaque mot ou nom, sujet prend un S final. C'est pour cela que l'on retrouve la forme Maupiles (venant de Maupilé). Maupillez est issu du même phénomène. Mais il s'agit de l'écriture Maupillet ou cas sujet; le T S donnant Z en ancien français, on trouve donc Maupillez.
        Une autre forme d'écriture du nom, plus répandues, que ces deux dernières, nous fait part d'u phénomène bien plus étrange et intéressant. On relève souvent pour cette famille (manuscrits, livres, histoires régionales) Maupillat, Malpilat, Malpillat.
        La signification du nom est ici totalement faussée, car en ancien français, un pilat n'a rien à voir avec un pilet ; l'un se rapporte au vocabulaire de l'agriculture, l'autre à celui de la guerre....l'écriture Maupillat résulte en fait de la prononciation de la langue en Lorraine. A cette époque, et même un peu plu tard, l'on prononçait les voyelles de manière plus ouverte qu'aujourd'hui.
       A ce phénomène probablement répandu dans toute la France, s'ajoute celui d'accents régionaux. Le mélange devait amener une prononciation fort similaire entre le « E » et le « A », qui devaient se confondre. C'est ainsi qu'au lieu de Maupillet, on trouve Maupillat, même si oralement, les deux devaient être presque identiques.
       A cela, s'ajoute les modifications du cas sujet. On trouve en effet plusieurs fois l'écriture Maupillas, ce qui signifie qu'existait une forme Maupila. L'écriture Maupillas (formée par Maupillat, au cas sujet) devait exister, même si elle ne fut pas encore trouvée.
       Cette grande diversité, amène une vision nouvelle sur l'évolution du nom ; les variantes relevées, ici, furent peut être utilisées, aussi en Poitou, à la même époque.
       On ne distingue pas de période propre à telle ou telle écriture. Certains textes contiennet quelques fois plusieurs formes (MaupilerMaupiles...). On trouve donc une dizaine d'écritures différentes pour un même nom et une même famille. 

Maupilet – Maupillet – Maupiler – Maupilley – Maupiles – Maupilé – Maupilat – Maupila – Maupillat – Maupilas – Maupillas – Maupillaz.....

Article écrit par Frédéric R-M
Publié dans le bulletin n°46-47 de Décembre 1998

 

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